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Aljanir Montresor

Cette jeune demie-hobbite est la fille unique et adorée d’un marchand alboradien, le riche Alonso Montresor. Ayant été témoin toute son enfance durant de la frivolité de son père et de la tristesse résignée de sa mère, elle en vint à la conclusion que la fidélité n’avait que pour but de rendre les gens malheureux; c’est pourquoi elle n’eût jamais sa place dans ses amours multiples. Un jour, elle s’arrêta dans un peuple rustique, pour ne plus vouloir le quitter : tous ces hommes beaux et enjoués, toutes ces tavernes et ce marché aux mille couleurs; sa terre de rêve portait désormais le nom de Gnilis. Elle y exerça son art de raffineuse et y découvrit sa religion : Aélis.

Sur les terres de Carma, elle a rencontré un hobbit extraordinaire, son compagnon de beuverie comme de vie, Zim Œil-de-perdrix. Or, lorsqu’ils ont quitté les terres ensemble, son fiançé voulant lui faire connaître sa colline natale, le malheur s’abbati sur eux sous la forme de l’Armée de la mort. Laissée pour morte, elle a traîné le corps de son amoureux jusqu’à la frontière gnilissienne, où elle l’a enterré sous un joli poirier et cala un tonnelet de thé d’homme en sa mémoire. Durant un temps qui lui parut interminable, elle traîna de taverne en taverne, racontant sa triste histoire à qui voulait bien l’entendre. Son malheur apitoya finalement huit ivrognes et un tavernier qui décidèrent de l’accompagner jusqu’au poirier accompagnés d’une cargaison de bière et qui, après une cérémonie un peu décousue, réussirent à ramener Zim à la vie.

Maintenant qu’Aljanir est de retour aux côtés de son amoureux et ami, gare à vous si vous lui tombez dans l’œil, vous risquez vous-même de basculer dans son décolleté… car chez les Montresor-Œil-de-perdrix, plus on est de fous, plus on rit!

 

 

 

Bella

Bellatricia de son véritable nom, cette jeune aventurière est native du charmant royaume de Lacordia. Son père, Prius, était un sacristain de Camnius, la septième région lacordienne. Sa mère, quant à elle, était une de ses chartres. L’élève et le maître partageaient un tendre amour et rapidement, ils célébrèrent leurs noces. À peine un an après ses épousailles, la belle Mirabella était enceinte. Toutefois, un accident de cheval la rendit à jamais stérile, quoique laissant le nouveau-né en vie. Loin d’affliger le couple amoureux, ils prièrent avec reconnaissance pour sa survie et, faute d’avoir d’autres enfants à chérir, il comblèrent leur unique fille de tendresse et d’attention.

Sous le regard bienveillant de ses parents, la petite Bellatricia grandit; elle devint énergique et avide de découvertes. À quinze ans, vint le moment de soumettre à l’abbé de sa région la profession qu’elle désirait suivre, afin que celui-ci l’accepte ou la refuse, en fonction des besoins de la communauté. La jeune fille, sûre d’elle, annonça qu’elle serait une pèlerine. L’abbé doutait fortement qu’elle puisse réussir l’entraînement ardu des chercheurs de reliques et d’objets sacrés… mais qui pouvait refuser quoi que ce soit à la petite Bella ?

Contre toute attente, elle réussit avec brio les épreuves qui la menèrent à sillonner le continent à la recherche de richesses religieuses rares ou convoitées. Grâce à sa volonté forte et à sa persévérance, elle devint la guide de sa troupe. Puis, en récompense pour service rendu à la communauté lacordienne, elle fut nommée chartre de Ferolia, cinquième région de Lacordia. Lorsqu’on demanda un volontaire pour aller en éclaireur rendre visite à la nouvelle colonie lacordienne sur les terres de Carma, Bella sauta sur l’occasion. Rien n’était trop loin pour elle, ni trop grand pour étancher sa soif de découverte. Quand on est né pour être vainqueur, rien ne peut nous empêcher d’atteindre les sommets !

 

Célimène Hador

Cette jeune noble a pour père Godfroy Hador, chef de la rébellion hadorienne. Voir son propre père souffrir sous les tortures visant à lui extirper les secrets de son organisation avait réveillé chez elle un intérêt particulier pour l’art du tortionnaire, qui permet de faire souffrir sans faire perdre la vie. Depuis, elle entreprit de devenir une prêtresse non seulement de la Puissance de l'Ombre, mais aussi de l'avant-dernier né des dieux, celui dont on traversait l'ère à cette époque même. Les maladies l'intriguaient de par la façon qu'elles grugeaient la chair, pourrissaient les membres, détruisaient de l'intérieur l'être qui en était affecté. Mais par dessus tout, elle vouait un intérêt obsessionnel pour les limites du corps et de l'esprit face à la souffrance.

Elle a vécu plusieurs années aux côtés du roi Bertrand, en temps que Parraine et bourrelle du royaume de Hador. Pourtant, une idée l’obsédait : elle avait eu vent de l’existence, là-bas, d’une créature née du génie de Pachatrack et de la rage d’Ésus. Célimène s'installa en ces terres plaguées non seulement par ferveur religieuse, mais aussi par esprit politique. Elle devait y superviser une alliance nouvelle avec le peuple nomade de l'Armée de la mort. Depuis, elle explore des façons plus inventives, tordues les unes que les autres pour honorer le créateur de l'Ombre ainsi que le divin Tortionnaire.

 

Delphe d’Alhamon

Ce garçon manqué est né dans un des villages appartenant auparavant au demi-dieu Carma. Son père est propriétaire d’une taverne et sa mère, tout comme ses frères, y travaillait. Lorsque son village fut offert à l’avant-poste fãvien par Carma, Delphe rencontra son destin. Elle vit en un garde du corps d’élite répondant au nom de Mendossã tout ce qu’elle avait toujours voulu devenir. Sa droiture, sa force, son dévouement pour les forces du Bien, tout en ce guerrier fãvien était, pour Delphe d’Alhamon, une source d’inspiration et de respect. Au centre d’entrainement militaire, ce guerrier fut son précepteur et il lui inculqua les valeurs fãviennes ainsi que l’art du combat. Depuis ce jour, sa plus grande fierté est de porter le tabard fãvien.

Après avoir quitté les terres avec les viens de conquête afin d’aller combattre l’ennemi hadorien, Delphe est de retour sur sa terre natale depuis qu’elle a ouvert les yeux sur l’existence du roi Fãv. D'abord élevée au titre de Garde du corps, puis de Centuriie, sa rigueur de jeunesse s’est transformée en une grave maturité.

 

Findel

Certaines destinées semblent gravées dans la pierre, alors que d’autres sont changeantes, comme le flot d’une rivière. Celle de Findel fut d’abord tortueuse, mais trouva finalement son cours et suit sa voie telle une racine vers sa source.

Enfant, la demi-elfe avait la vivacité du colibri; toujours en mouvement, elle courait dans les forêts de Marménel et grimpait jusqu’à la cime des arbres ancêtres. Or, alors qu’elle n’avait que sept ans, son destin fut frappé d’une pierre noire.

Elle avait grimpé en haut d’un érable, tout en haut. Dans son empressement, elle n’avait pas remarqué que le vieil arbre, malade, n’avait plus sa robustesse d’antan. À califourchon sur une grosse branche, elle entendit un craquement… trop tard. Elle chuta pendant une éternité avant de s’écraser au sol. Deuxième craquement. C’était ses jambes.

La jeune fille vit son avenir dans la foresterie disparaître sous ses yeux emplis de larmes. Les jambes fracassées, elle noya ses rêves de course et de forêts dans les livres. Elle étudia sans relâche, lu tout ce qu’elle put, entrecoupant ses recherches d’exercices physiques. Si sa réhabilitation avançait à tout petits pas, sa tête était un terreau fertile pour les calculs et les découvertes.

À l’adolescence, elle put enfin marcher normalement… mais tel n’était plus son désir. Mage elle serait, car les livres et les parchemins étaient désormais ses seuls compagnons. Si son accident lui ouvrit l’esprit, il ferma son cœur; Findel était devenue méfiante; non seulement envers les hauteurs, mais aussi envers autrui. Or, de sa souffrance, elle tira une farouche détermination. Gare à ses ennemis, car elle était prête à tout pour défendre ce qui lui tenait à coeur.

 

Godiva

Godivaest née sur un territoire n’appartenant à personne, mais déchirée entre plusieurs. Aux frontières d’Orbb Valsharess, nombreuses étaient les fois où son clan s’est défendu contre ces assauts vomis par la terre, ces marées noires jaillissant par les trous béants qui menaient à leurs souterrains. Les monstres qui peuplaient ses cauchemars de jeunesse n’étaient pas imaginaires : ils n’étaient que trop réels et leurs huit pattes pouvaient défoncer les portes.

C’est donc sa haine envers le peuple d’Orbb Valsharess qui a forgé la personnalité de Godiva. La farouche jeune fille s’est convaincue que plus jamais elle ne laisserait quiconque diriger sa vie, que ce soit par la force ou par la peur. Alors que le peuple de Férémar prenait forme, son clan rejoignit la guilde de Din Kasha afin de poursuivre sa lutte contre les ennemis de l’ombre.

À l’age de maturité, elle s’enligna vers le shamanisme, décidant que le meilleur moyen de vaincre le poison était le poison lui-même. C’est à ce moment qu’elle se mit à réellement mépriser le druidisme; si elle vouait déjà une certaine rancœur aux membres de la Guilde de la patrouille forestière pour n’avoir pas su protéger son clan des attaques drows, son instruction shamanique acheva de lui prouver la supériorité de la mort-vivance sur la faune.

Godiva est née sur un territoire n’appartenant à personne, et depuis qu’elle a l’âge de se révolter, elle a décidé qu’il en serait de même pour elle. Le peuple des Araignées avait saccagé son enfance, rendu blanches ses nuits; elle irait rejoindre la source de la rébellion : Carma, là où la guilde du Scorpion avait tout commencé.

 

 

 

Jhalass

Son nom est Jhalass. Elle est le fruit âcre d’une étreinte sans passion, d’une relation qui n’a jamais commencée. Sa mère l’éleva seule, loin des langues qui questionnent et des yeux qui jugent. La nuit, elle arpentait les rues de la capitale et se nourrissait des conversations volées au passage. Le jour, elle s’enfermait entre quatre murs et pratiquait son lancer de couteau, inlassablement.

À onze ans, elle quitta le taudis où elle vivait avec sa mère. Couverte des pieds à la tête; une jeune fille comme elle pouvait s’attirer bien des malheurs à Zitomira. Grâce à ses talents de visée, elle gagna de quoi vivre à peu près correctement. Elle se nourrissait des restes de table et des histoires d’ici et d’ailleurs qu’elle grappillait, au fil des soirées.

Un soir, alors qu’elle avait une quinzaine d’années, un homme l’approcha à l’auberge du Ruban noir. Propre de sa personne, veste de velours et foulard de soie; toutefois, ce qui frappa la jeune femme fut la peau sombre qui envahissait la moitié de son visage. Jamais elle n’aurait cru que quelqu’un comme lui puisse tirer son épingle du jeu dans leur société. Toujours est-il qu’il invita Jhalass à rejoindre son camp d’archer, où elle pourrait mettre ses talents à bien meilleur profit.

Elle apprit à utiliser un arc mais, surtout, à concentrer toute son attention sur un seul but, jusqu’à n’avoir plus conscience du monde qui l’entourait. L’archerie, pour Jhalass, était bien plus qu’une profession : c’était un mode de vie. Lorsque la Demi-déesse Blissandra vint resserrer ses griffes sur la nation nouvelle, la jeune archère sentit que le moment était venu pour elle de ne plus être simple spectatrice de sa vie; elle traverserait le monde et rejoindrait ces terres qu’on disait si périlleuses… car tel était son unique but.

 

 

 

Irea

Irea est née à Perceval, d’une famille sans noblesse et sans histoire. Fillette chétive et malhabile, elle se liait difficilement d’amitié avec les autres enfants, qui voyaient en elle une proie facile pour leurs moqueries. Même ses propres parents, d’honnêtes agriculteurs habitués à trimer dur, supportaient mal son caractère chignard. Seule sa sœur aînée, Louya, ne semblait pas être dérangée par ses plaintes incessantes. Elle devint donc sa confidente, son amie, son idole… jusqu’au jour où, infâme trahison! La forestière quitta la petite Irea pour rejoindre des terres lointaines que l’on disait appartenir au demi-dieu Carma.

Irea, déchirée par son sentiment d’abandon, honora tout de même la promesse qu’elle avait faite à sa grande sœur : prendre soin d’Arthur, son cheval. C’est ainsi qu’elle développa non seulement un intérêt pour la foresterie, mais surtout une relation profonde avec ce grand cheval gris. Lorsque sa sœur revint de voyage, une nouvelle troupe quitta Perceval pour les dites terres de Carma. En pleine crise d’adolescence, la jeune femme ombrageuse et sa traditionnelle moue insatisfaite ont joint les voyageurs dans le seul but de punir Louya de son départ… ce qui fut, en somme, une bien mauvaise idée.

Alors que le royaume est tombé aux mains des Damnés et que Perceval se nomme maintenant Maldoror, la jeune Irea se sent une nouvelle fois trahie : par son peuple, qui a laissé Arthur mourir d’épuisement et par sa déesse Reganatride, qui a laissé tomber sa nation. Éternelle incomprise, délaissée de tous, comment s’adaptera-t-elle à sa nouvelle alliance?

 

 

 

 

Melisande Mabalborad

Depuis la mort de son père, un najlam réputé, à la guerre contre le royaume de Hador, la jeune Melisande portait un attachement puissant à Evalyn, la longue épée de bronze qui lui avait appartenu.  Cette relique, dernière possession de son défunt père, était la seule chose qui était revenue à sa mère, sénatrice alboradienne, accompagnée de son armure de cuir. S’accrochant aux dernières mémoires la reliant à son père, elle développa rapidement des aptitudes pour l’art du combat. Lorsqu’elle s’entraînait seule, elle n’utilisait qu’elle. Elle sentait une communion se former entre elle et la lame. Plus qu’un simple outil, elle était la continuité de son bras, une part de son âme. Telle une bête apprivoisée, un ami intime, Evalyn répondait au moindre de ses gestes; il lui semblait même qu’elle devançait parfois ses pensées. Bientôt, Melisande ne se séparât plus de son arme fétiche.

À l’âge de quinze ans, la jeune fille débuta son apprentissage de l’art du najlam et sa mère fut nommée sénatrice d’honneur. Jamais elle n’avait connu plus belle euphorie, plus douce plénitude que celle de ne faire plus qu’un avec son épée, sa complice. Démontrant excellence et dévotion sans limite à Evalyn, Melisande devint sans peine une maîtresse de l’union, atteignant ainsi la plus haute évolution possible dans l’art du najlamisme. Entre temps, elle acquerra aussi le titre de Centurii, dirigeant ainsi sa propre centurie alboradienne lors des combats.

Lorsque la guerre fut déclarée aux terres carmaniennes, l’empire fãvien vint quérir le soutien des troupes alboradiennes. Melisande demanda l’approbation au grand conseil de mener les troupes à la bataille et la reçut à l’unanimité. Enfin, elle servirait son peuple et l’allié Fãv, au nom d’Aurore et de sa toute-puissante Lumière, ainsi qu’au nom de la vérité que prône Gérélus le Savant.

 

Mieskyslawa

Mieskyslawa est née dans le royaume de Dragar, en plein cœur des affrontements entourant l’île d’Imatrius. À l’âge de dix ans, elle était le phénomène de son village. Si son ardeur guerrière faisait rire, mais elle provoquait aussi le malaise chez certains. Sa passion du combat n’était-elle pas douteuse? Toutefois, sa dévotion à Aurore faisait taire les inquiétudes. On lui promettait un avenir glorieux au sein de l’armée dragarienne, au service du Bien.

Malgré sa loyauté sans faille, la paladin se soulevait souvent contre la grande magnanimité de son royaume; quant à elle, Dragar aurait avantage à être moins indulgent. Ainsi, plutôt que d’adhérer au populaire culte de Cyrius, elle voua ses actes à Thergoril, qu’elle admirait pour sa vision claire de la réalité. Mieskyslawa se fit volontaire pour aller combattre sur les fronts les plus dangereux, ceux d’Imatrius. Elle y fut nommée la chef d’une troupe de soldats et ceux-ci devinrent sa propre famille. Plus elle combattait sous la bannière du grand Dragon, plus la rancoeur s’insinuait en elle. Tant de blessés, tant de morts n’avaient pour cause que la stupide générosité de son peuple!

Un jour, l’ennemi décima sa troupe en son absence. La fureur qu’elle combattait depuis des années brisa ses entraves et l’innonda totalement. Elle combattit et tua trois Dragariens avant d’atteindre les frontières de l’île, puis elle se mit à escalader une montagne, sentant son corps de détériorer et son âme se déchirer un peu plus chaque nuit. Ses croyances s’effritaient une à une; la Lumière n’avait pas sauvé ceux qu’elle aimait. La bonté était une faiblesse. Encore une fois, l’Ombre avait gagné. Il fallait être dur et cruel pour survivre.

Lorsque Mieskyslawa trouva les terres de Carma, son corps et son âme avaient le même aspect; flétris, creux, sombres. Elle avait perdu ses idéaux et voyant les cadavres de ses soldats, et elle avait perdu ce qui lui restait de valeurs en tuant ceux de son peuple. Désormais, sa vie était corrompue à la Noirceur. Dépouyée de son charisme sous la forme répugnante de la Sorcière Mishkissu, elle troqua, arnaqua, extirpa les dons des avares, chaque échange occulte étant une nouvelle plaie creusée à même son âme. Après ce qui lui parut une éternité, Mundack l'accepta en son sein et dépouilla Mieskyslawa de cette loque qu’était devenu son corps; elle rejoignit les forces kashtriyiennes, en honneur de sa nouvelle loyauté à Hargar et Morrigan.

 

 

 

Myrlhess

Myrlhess est née dans une éclipse de lune, présage aussi souhaitable qu’inquiétant chez le peuple octazon. Il promet à l’enfant une longue période sombre de laquelle elle ressortira plus vive et plus forte, si elle en ressort. À l’âge de dix ans, le malheur s’abattit sur Myrlhess. Alors qu’elle chassait le petit gibier, une créature inconnue l’aveugla de son venin qu’elle projeta dans ses yeux. De retour à la tribu de la Renarde, elle fut chassée du peuple des Octazones. Heureusement pour elle, Myrlhess entra au service d’une Mère octazone et échappa à une mort presque certaine. Celle-ci lui apprit à reconnaître les plantes au toucher et à leur odeur plutôt que grâce leur apparence et l’envoya chercher celles qui lui étaient nécessaires pour concocter ses potions.

Après cinq années de labeur et de mixtures expérimentales infructueuses, elle fut tirée de sa noirceur. Myrlhess appliqua un nouvel onguent sur ses orbites à son coucher et, le lendemain, elle était guérie. La noirceur était passée, elle était maintenant plus forte, comme l’avait prédit la prophétie. Ce revirement de situation la rendit non pas plus sage, mais plus téméraire. Elle souhaitait profiter de sa vie plus que jamais. Lorsque la rumeur courut qu’une chasse à la gorgone allait débuter au centre des montagnes, tout de suite elle se décida à être de la partie. Et lorsqu’elle ramènerait la tête de la créature, elle prendrait la place de la Mère des Renardes.

 

Ophélie

Depuis que ses grands yeux bleus se sont ouverts sur le monde, jamais Ophélie n’a cessé d’observer ce qui l’entourait. Pour l’enfant, tout était matière à émerveillement : le germe de blé qui éclot dans les champs, le pain qui cuit dans le four du boulanger, le chat qui chasse l’oiseau… mais surtout, elle ne se lassait jamais d’écouter son père parler. Ce dernier était un incomparable conteur – les vilaines langues diront qu’il était aussi un sacré menteur – et ses histoires étaient toutes plus extravagantes les unes que les autres.

L’enfance prit son envol et, pour Ophélie, les limites de son village étaient maintenant des barrières. Bien qu’ayant commencé à étudier la foi de Reganatride, elle sentait que sa place n’était pas dans une église. D’ailleurs, elle n’aurait su dire pourquoi, mais la façon que le prêtre d’âge mûr avait de caresser sa chevelure blonde, en susurrant qu’elle ressemblait à leur Déesse, la mettait quelque peu mal à l’aise.

Elle prit ainsi la route de la ville et y découvrit la télékinésie. Elle s’enchantait de pouvoir, par la seule force de sa pensée, projeter un ennemi et même, faire bouger des objets. Elle devint une bonne télékinésiste, mais demeura l’ingénue qu’elle avait toujours été. Si sa naïveté soulevait les moqueries, elle n’en était jamais consciente. Lorsqu’Asturion s’allia à la jeune nation de Férémar, Ophélie fut enchantée d’aller leur prêter main-forte sur ces terres que l’on nommait celles de Carma. Tant de choses à découvrir l’y attendaient!

 

Solveig

Originaire de la glorieuse nation de Scalion, Solveig n’est pas ce qu’on peut appeler une soldate modèle. Certes, elle a le cœur au ventre, mais sa tête est ailleurs que sur les champs de bataille. Les blâmes qu’elle a reçus à l’académie pour être arrivée à l’entraînement avec la gueule de bois se comptent par dizaines… sans parler des pompes pour avoir été prise à lorgner ses frères d’armes plutôt que de s’entraîner au bouclier.

À seize ans, elle fut renvoyée de l’académie militaire, mettant un terme à sa carrière de guerrière, qui s’annonçait de toute façon plutôt médiocre. Au détour d’une arène, elle fit toutefois la rencontre d’une vieille barbare qui la prit sous son aile de fer. Elle découvrit l’ambidextrie avec enthousiasme, mais se découvrit une tare jusque-là inconnue… elle était incapable de courir, au grand dam de sa mentor.

Solveig s’enrôla donc au sein de l’armée scalienne, où son incapacité à charger lui valut le surnom de « la tortue ». La jeune femme ne s’en formalisait guère : elle trouvait même que l’animal, lent mais sûr, lui seyait bien. Si certains critiquent sa nonchalance, d’autres y voient plutôt une force tranquille.

Lorsqu’on demanda des volontaires pour aller à l’avant-poste de l’Armée de la mort sur ce territoire dangereux qu'était Carma, elle se dit : pourquoi pas? Une fois l'’entente fut signée, ses confrères retournèrent vers leur patrie, mais pas Solveig. Les risques ne lui faisaient pas peur… et elle avait trouvé quelques soldats bien de son goût!

Dernière mise à jour:  29-05-2011 Web master Nailo©carmalalegende.com